Affichage des articles dont le libellé est femmes au travail. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est femmes au travail. Afficher tous les articles

vendredi 20 janvier 2012

De l'impression à la pose

Nous en étions donc au moment fatidique : celui de la validation des plans en relief de Nathalie, la graphiste de l'exposition. Sitôt validés par l'équipe du musée, ces dessins prennent la poudre d'escampette direction...la Chapelle-sur-Erdre. C'est là, à Modulimage, qu'ils sont imprimés format papier peint sur du dos bleu -papier résistant souvent utilisé pour l'extérieur. Mercredi dernier, j'ai eu la chance de visiter l'atelier...Petit résumé...
Du dessin de la graphiste à son impression numérique format papier peint, une dernière opération s'impose : le découpage virtuel de la cimaise en rectangles de mêmes dimensions. Ainsi, en est-il pour la photographie de classe utilisée par Nathalie, comme décor d'une partie de la cimaise courbe. Anne-Marie, l'opératrice PAO de Modulimage, l'a saucissonnée en six parties. La tâche est un peu délicate... gare aux raccords !
Et hop ! Une partie du décor de l'exposition s'imprime sous mes yeux...Les six papiers peints correspondant à la photographie de classe vont s'imprimer en continu. Ensuite, il faudra, les découper, les rouler..Puis, zou, direction...
...le musée de Nantes où notre chère photo, désormais transformée en six rouleaux de papiers peints, va pouvoir mener une toute nouvelle vie.
Car pendant que Laurence et Anne-Marie impriment, Pascale et Marie collent.
Le lendemain de la visite de l'atelier, ce n'est donc pas sans émotion que je retrouve les six rouleaux....J'arrive juste à temps ! Marie applique de la colle sur la partie de la cimaise où ils doivent prendre place... C'est pour bientôt !

jeudi 15 septembre 2011

"Petit dico machiste des femmes au travail"

Auteure d'une pièce de théâtre "Elégie"*, Louise Courtin s'est essayée à une toute autre forme d'écriture pour le musée. Et si la commande a été quelque peu détournée -il s'agissait au départ de créer un dialogue-, c'est pour mieux répondre à l'objectif demandé : introduire l'expo avec légèreté et intelligence de manière à donner à réfléchir au visiteur. Rire de préjugés machistes afin de mieux les mettre à mal ...Tout un programme.
Craignant l'effet "brèves de comptoir" et son style lourdaud -pardon, c'est quasi un pléonasme-, Louise a donc préféré proposer son "Petit dico machiste des femmes au travail".
Parmi les trente-huit définitions, on y trouve pêle-mêle des corps de métiers -infirmière, assistante sociale, collaboratrice de chantier, secrétaire-, des mots exclusivement réservés aux femmes -tampon, menstruations- et aussi des termes exclusivement féminins aux yeux des machistes -ragots, salade, mi-temps-.La principale source d'inspiration de Louise ? Les discussions avec des femmes qui travaillent. Souvent des amies. Elle m'avoue avoir été étonnée de la dureté de certains propos révélés.
C'est drôle tout en chatouillant là où ça fait mal...L'apparence de banalité de certains propos déconcerte souvent. Des préjugés tant entendus qu'ils relèveraient presque de l'ordre du réflexe. Pour sûr, ça donne à réfléchir !
Le texte écrit, il reste à présent à procéder au casting des voix... pour l'enregistrement. Pas de lecture en direct...Souvenez-vous, ces textes seront diffusés en boucle dans la cage d'escalier.
Hommes et femmes sensibles à tout préjugé machiste préparez vos boules quies !
Retrouvez Louise sur son blog. http://louisecourtin.blogspot.com/2011/08/un-blog-un.html


*Louise Courtin, Elégie. L'instant théâtral, L'Harmattan, 2011.

lundi 25 juillet 2011

Le double décimètre...

J'en étais donc à la scénographie. Avant de vous dévoiler le nom du scénographe choisi, suivre Réjane aux Archives Municipales m'a paru opportun. Cette institution nantaise, avec qui le musée travaille systématiquement, prête de nombreux documents pour l'exposition Nantaises au travail. Il y a deux semaines de celà, Réjane devait y retrouver Véronique Guitton. Je l'ai donc accompagnée.

Véronique est directrice des Archives Municipales. Leur réunion de travail s'est un peu éternisée. Quatre heures... Quatre heures pour résoudre les derniers problèmes concernant la liste des prêts de documents demandés par le Château. Avouez que le jeu en valait la chandelle !

Peut-être vous demandez-vous en quoi ces problèmes peuvent-ils bien concerner la scénographie ?

Et c'est là qu'intervient un objet capital, j'ai nommé : le double décimètre ! Regardez-bien, on peut l'apercevoir sur la photographie. ..

A ce stade de la préparation de l'exposition, il s'agit en effet de donner au scénographe des dimensions précises des photographies, cartes postales, affiches et autres documents. Aucune erreur n'est permise !

Quatre heures donc pour vérifier des dimensions, mais pas seulement. Ce serait trop simple. Car avant celà, encore faut-il retrouver les documents souhaités. Et c'est là que le bât blesse ! Des petites erreurs dans les relevés de certains numéros d'inventaire des documents ont un peu compliqué la tâche de nos deux actrices du jour.

Un mauvais moment à passer, et pffuit, on en parle plus ? L'expérience me permet malheureusement d'en douter... Lors des montages des expositions, les surprises ne sont pas rares. J'aurai sûrement l'occasion d'y revenir...

jeudi 26 mai 2011

Des témoignages, pour quoi faire ?

Aïcha, Annie, Cécile, Claire, Huguette, Laurence, Michèle, Morgane, Nicole, Roselyne, Stéffie et bien d'autres encore ; toutes ont accepté de témoigner de leur activité professionnelle.
Dans l'exposition, leurs témoignages ne prendront pas tous la même forme.
Ceux d'Aïcha, Laurence, Morgane et Nicole ont été recueillis par écrit dans le cadre d'un appel à collecte. Vingt femmes avaient alors répondu à l'invitation lancée par le musée en octobre dernier. Ces témoignages seront exposés en fin de parcours, sur un mur de "portraits sensibles", une "sorte de tableau sensible de quelques femmes au travail aujourd'hui".
Quant aux témoignages d'Annie, Cécile, Claire et Huguette, ils ont été filmés. Choisies parce qu'elles sont caissière, assistante maternelle, infirmière ou encore avocate, leurs témoignages prendront place dans l'ensemble du parcours de l'exposition. Leur présence est indispensable. Au service du message, du discours de l'exposition, ces films permettent de s'interroger sur l'époque contemporaine. Ce qui intéresse Krystel, c'est le ressenti de ces femmes sur leur parcours de vie et parcours professionnel. En aucun cas, leur discours n'a été pré-construit ou guidé. Parmi les onze films, il y a le film de Roselyne.
Roselyne est caissière dans une grande surface de la communauté urbaine de Nantes. Son témoignage prendra place parmi des objets, des photographies et un film de l'INA, dans la section consacrée aux vendeuses et caissières.
L'ensemble de ces portraits, qu'ils aient été recueillis par écrit, photographiés ou filmés, produisent des tableaux subjectifs ; des témoignages en somme, de beaux témoignages de Nantaises qui ont des choses à raconter.

mercredi 30 mars 2011

Toute une histoire

AVERTISSEMENT… Il est expressément recommandé à tout futur visiteur de l’exposition Nantaises au travail avide d’effets de surprise, de ne pas lire le prochain paragraphe.

I - Première partie : de la précarité à la formation professionnelle. II - Deuxième partie : l’accès aux formations qualifiantes et les nouveaux métiers « féminins ». III - Troisième partie : les grandes concentrations de main d’œuvre féminines
-Mais Krystel, tu es en train de tout nous dévoiler le scénario ! Bon, avant que tu nous racontes toute l’histoire…car c’est bien de cela qu’il s’agit, non ?
-Oui, concevoir une exposition, c’est raconter une histoire. Celle-ci nous raconte une histoire, en ce sens où les objets en eux-mêmes ne sont pas signifiants. C’est l’exposition, qui donne du sens aux objets. Prends par exemple une machine à écrire. En elle-même, celle-ci est porteuse de plusieurs sens. On pourrait considérer que le rôle de l’exposition serait de s’intéresser à l’évolution technologique. Un autre exemple : l’exposition « Astérix » qui a eut lieu l’an dernier au musée de Cluny, la machine à écrire de Goscinny était un objet parmi d’autres pour montrer le processus de fabrication d’une page de BD…Dans l’exposition Nantaises au travail, ce qui m’intéresse c’est de montrer, à travers l’exemple de l’accès aux femmes aux métiers du secrétariat (illustrée notamment pour la machine à écrire), l’évolution des métiers féminins vers des « carrières ».
-Et bien quelle histoire ! Peux-tu m’en dire un peu plus sur la manière d’écrire un scénario ?
-De l’analyse de la matière scientifique (en partie issue des recherches effectuées par l’association Nantes-Histoire), certaines thématiques sont dégagées. De là, il faut construire un discours autour d’un fil directeur. Pour l’exposition Nantaises au travail, le fil d’Ariane est la valorisation du travail des femmes et les combats menés pour y arriver. A la différence d’un film, et là, c’est la grande spécificité d’une exposition, écrire un scénario, c’est structurer le discours dans un espace en trois dimensions. Le scénario amène du sens à l’exposition et fait que celle-ci fonctionne –ou non- auprès du visiteur.
-Et justement, selon toi, qu’est-ce qu’un « bon scénario » d’expo ?
-Un bon scénario, c’est un scénario qui démontre quelque chose, tout en interrogeant le visiteur. Pour l’exposition Nantaises au travail, nous souhaitons démontrer que tous les problèmes rencontrés par les femmes au travail ne sont pas résolus.
-Bon, je t’arrête de nouveau avant que tu nous en dises plus…Tu me sembles bien partie pour tout nous décrire. Je reviendrai te voir pour le ton.
-Le ton ?
-Oui, le ton donné à un scénario ! C’est important, ça, non ? Bon, je te laisse écrire tes cartels, je repasse bientôt. Ciao.



La fameuse machine à écrire...








Le lieu où sera "mis en espace" le discours...

vendredi 25 mars 2011

Le temps des recherches

Toute exposition qui se respecte nécessite des recherches.
Pour l’exposition « Nantaises au travail du 18e siècle à nos jours », Krystel peut s’appuyer sur celles effectuées par une vingtaine de membres de l’association Nantes-Histoire (http://www.nantes-histoire.org/).
Durant près d’un an et demi, ces bénévoles ont fréquenté assidûment les archives municipales et départementales, le Centre d’Histoire du Travail et les musées nantais (musée Dobrée et musée d’Histoire de Nantes), sous la houlette de l’historien Alain Croix.
Parmi eux, il y a Marcelle Tardy. C’est la doyenne du groupe. Madame Tardy a bien voulu me rencontrer cette semaine pour discuter de la façon dont elle a contribué à ces recherches historiques.
Au début, j’avais prévu de vous podcaster une interview filmée mais faute d’avoir réussi, je préfère vous livrer cet échange sous forme écrite.




Madame Tardy, quel était le but des recherches menées par l’atelier Nantes-Histoire ?

Si pour le 18e siècle, le travail des femmes est en partie connu grâce aux recherches menées par Samuel Guicheteau* dans le cadre de sa thèse, pour les deux derniers siècles, il n’existait rien. L’objectif était de connaître le travail des Nantaises aux 19e et 20e siècles, quels étaient leurs métiers et comprendre les évolutions.
Comment avez-vous procédé ?
On s’est réparti le travail en plusieurs groupes. L’une des principales sources exploitée par le mien était le recensement de 1901. Pour ce dépouillement, au sein du groupe, nous nous sommes partagés la tâche en choisissant chacun une zone géographique. Pour ma part, je me suis intéressée à la commune de Doulon. Durant plus d’un an, à raison d’une fois par semaine, je me rendais aux archives municipales. C’était passionnant, quelque fois fastidieux car parfois je ne trouvais rien mais au final, très enrichissant.
Et qu’avez-vous trouvé ?
J’ai trouvé la mention de nombreuses cigarières qui travaillaient à la manufacture des Tabacs, plusieurs épicières-mercières, des tailleuses qui confectionnaient des costumes pour l’armée et les PTT, une gouvernante, une sténo-dactylo et une dame de compagnie.
Aujourd’hui, ce travail de recherches est terminé. Pourtant, je vous vois, vous et les autres membres du groupe Nantes-Histoire, assez régulièrement au Musée ? C’est que notre travail à vos côtés ne se limite pas aux recherches ! Contrairement à d’habitude, l’objectif pour nous n’était pas de réaliser une publication mais d’élaborer une exposition. Le Château, via Krystel Gualdé, a accepté de travailler avec nous sur ce projet. C’est pourquoi, environ une fois par mois, nous nous réunissons pour construire ensemble l’exposition. Contribuer à réaliser un scénario d’exposition, donner notre avis sur les cartels écrits par Krystel… pour nous, ce travail est inédit. C’est sûr qu’à présent, je ne regarderai plus une exposition de la même manière. Mais là, je dévie vers un autre sujet, non ?
Oui, un peu…nous en resterons là si vous le voulez bien. Merci à vous Marcelle.

Effectivement, c’est le travail de recherches que je souhaitais aujourd’hui vous révéler. L’écriture du scénario, c’est une autre histoire. Mardi prochain, je pense m’y intéresser…


*Samuel Guicheteau, La Révolution des ouvriers nantais. Mutation économique, identité sociale et dynamique révolutionnaire (1740-1815), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008.

jeudi 10 mars 2011

La chasse aux objets dans les réserves du Musée

Un ordinateur, une conserve Amieux, un fer à coiffes, un tablier de domestique, une machine à écrire, une gravure, une brouette de blanchisseuse, une coiffe, une autre boîte de conserve, une deuxième gravure, trois planches à laver.



-Un inventaire à la Prévert ?

Eva m'éclaire : "Non, juste la liste des objets du musée susceptibles d'intéresser Krystel pour son exposition sur les femmes au travail".

Eva s'occupe des collections du musée (régisseuse).
Elle procède en ce moment même à un dépoussiérage au peigne fin des réserves...L'occasion unique de redécouvrir des objets.

L'enjeu est grand : les expositions sont généralement l'occasion pour les musées de montrer des objets habituellement en réserves.

Autant vous dire que Krystel l'a pas mal briffée...

"Le moindre objet en rapport avec le travail des femmes, tu me l'amènes ! ".

Et Eva a amené...des objets bien familiers pour Krystel (des battoirs de blanchisseuses) et d'autres, un peu moins connus (des fers à repasser les coiffes)...voire inconnus.

"Inconnus ?"

J'en reste un peu baba.

Eva me présente un petit fer à repasser.

Clic, clac ! Première photo.




"Un objet de dinette ?"
Et re-clic, et re-clac ! Deuxième photo.












Eva sourit. "Non, il s'agit d'un fer à repasser utilisé par les repasseuses de coiffes. Ce métier ancien, exclusivement féminin et extrêmement minutieux, consistait à laver, amidonner et repasser les coiffes".
C'est alors qu'un drôle d'objet attire mon attention. Là-haut. Tout en haut de l'étagère. Plutôt intrigant cet objet. Mais Eva ne me laisse même pas le temps de l'interroger.
-Ça ! Ce n'est pas à nous !, s'écrit-elle.

"Tiens, tiens. Il doit s'agir des objets collectés pour l'exposition... Si j'allais faire un petit tour du côté de chez Réjane, histoire d'en apprendre un peu plus à présent sur la "chasse aux objets" à l'extérieur du musée...