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mercredi 1 février 2012

Du scénario de l'exposition aux scénarios de visites de l'expo

Le Harnachement. Une commissaire d'expo, des régisseuses, la scénographe, des techniciens -poseurs de cadres et électriciens. Des Nantaises et Nantais au travail. Des postes informatiques pour les multimedias. Voilà, ce qu'installaient les électriciens la dernière fois que je les ai vus. Une ambiance.
Puis, la cour du château, je la traverse.
Et la Tour de la Boulangerie. De l'autre côté de la cour. A l'intérieur, les médiatrices. Des Nantaises au travail. Postées derrière leur poste informatique. Elles rédigeaient leur scénario de visites la dernière fois que je les ai rencontrées. Autre ambiance.
D'un côté, la mise en place du scénario d'exposition imaginé par la commissaire d'exposition.
De l'autre côté, la rédaction de divers scénarios de visites adaptés aux publics : jeunes, adultes, public handicapé.
Candice, la médiatrice référente de l'exposition, travaille sur la visite destinée aux collégiens et lycéens. Il s'agira d'une visite contée suivie d'un échange avec les élèves sur la question de l'égalité des sexes dans les écoles d'aujourd'hui. L'ambition est belle. Espérons que les jeunes soient réactifs.
Pour Candice, la forme contée peut permettre aux jeunes de mieux comprendre et s'accaparer des thématiques de l'expo grâce à la création de parcours de vie de quatre Nantaises. Quatre personnages fictifs. Certes. Mais tous auraient très bien pu exister. Il n'est pas question de créer des anachronismes. Parmi elles, une jeune fille de "bonne famille" des années 1930 et une ouvrière sertisseuse LU. Montrer aux jeunes à quoi aurait pu ressembler la vie d'une telle femme, vivant dans le Nantes du début du 20e siècle. Surtout, dans son travail, à quelles ambitions professionnelles pouvait-elle prétendre ? Montrer ceci afin de mieux mettre en perspective la situation des femmes au travail aujourd'hui. Une autre manière de découvrir l'exposition.

vendredi 25 mars 2011

Le temps des recherches

Toute exposition qui se respecte nécessite des recherches.
Pour l’exposition « Nantaises au travail du 18e siècle à nos jours », Krystel peut s’appuyer sur celles effectuées par une vingtaine de membres de l’association Nantes-Histoire (http://www.nantes-histoire.org/).
Durant près d’un an et demi, ces bénévoles ont fréquenté assidûment les archives municipales et départementales, le Centre d’Histoire du Travail et les musées nantais (musée Dobrée et musée d’Histoire de Nantes), sous la houlette de l’historien Alain Croix.
Parmi eux, il y a Marcelle Tardy. C’est la doyenne du groupe. Madame Tardy a bien voulu me rencontrer cette semaine pour discuter de la façon dont elle a contribué à ces recherches historiques.
Au début, j’avais prévu de vous podcaster une interview filmée mais faute d’avoir réussi, je préfère vous livrer cet échange sous forme écrite.




Madame Tardy, quel était le but des recherches menées par l’atelier Nantes-Histoire ?

Si pour le 18e siècle, le travail des femmes est en partie connu grâce aux recherches menées par Samuel Guicheteau* dans le cadre de sa thèse, pour les deux derniers siècles, il n’existait rien. L’objectif était de connaître le travail des Nantaises aux 19e et 20e siècles, quels étaient leurs métiers et comprendre les évolutions.
Comment avez-vous procédé ?
On s’est réparti le travail en plusieurs groupes. L’une des principales sources exploitée par le mien était le recensement de 1901. Pour ce dépouillement, au sein du groupe, nous nous sommes partagés la tâche en choisissant chacun une zone géographique. Pour ma part, je me suis intéressée à la commune de Doulon. Durant plus d’un an, à raison d’une fois par semaine, je me rendais aux archives municipales. C’était passionnant, quelque fois fastidieux car parfois je ne trouvais rien mais au final, très enrichissant.
Et qu’avez-vous trouvé ?
J’ai trouvé la mention de nombreuses cigarières qui travaillaient à la manufacture des Tabacs, plusieurs épicières-mercières, des tailleuses qui confectionnaient des costumes pour l’armée et les PTT, une gouvernante, une sténo-dactylo et une dame de compagnie.
Aujourd’hui, ce travail de recherches est terminé. Pourtant, je vous vois, vous et les autres membres du groupe Nantes-Histoire, assez régulièrement au Musée ? C’est que notre travail à vos côtés ne se limite pas aux recherches ! Contrairement à d’habitude, l’objectif pour nous n’était pas de réaliser une publication mais d’élaborer une exposition. Le Château, via Krystel Gualdé, a accepté de travailler avec nous sur ce projet. C’est pourquoi, environ une fois par mois, nous nous réunissons pour construire ensemble l’exposition. Contribuer à réaliser un scénario d’exposition, donner notre avis sur les cartels écrits par Krystel… pour nous, ce travail est inédit. C’est sûr qu’à présent, je ne regarderai plus une exposition de la même manière. Mais là, je dévie vers un autre sujet, non ?
Oui, un peu…nous en resterons là si vous le voulez bien. Merci à vous Marcelle.

Effectivement, c’est le travail de recherches que je souhaitais aujourd’hui vous révéler. L’écriture du scénario, c’est une autre histoire. Mardi prochain, je pense m’y intéresser…


*Samuel Guicheteau, La Révolution des ouvriers nantais. Mutation économique, identité sociale et dynamique révolutionnaire (1740-1815), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008.