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mardi 7 février 2012

Socler : l'art d'utiliser le métal au service des objets

Une brouette de lavandières. Dans une exposition. Comment la présenter sans dénaturer son propos et tout en assurant sa protection ? S'il ne s'agit pas de l'élever au titre d'une oeuvre d'art, il faut aussi dissuader tout visiteur fatigué de la voir comme un siège...
Autre exemple. Autre cas de figure. Une coiffe. Comment faire tenir debout cet objet sans utiliser de mannequin tout en assurant sa conservation ?
Ces problématiques, la scénographie y répond de différentes manières. La vitrine -ou simple cloche- est un outil d'exposition.Mais disposer la brouette des lavandières dans une vitrine pourrait prêter à sourire. Un autre outil d'exposition semble mieux s'y prêter : le socle. Des gros. Des petits. Des visibles. Des invisibles. Leur choix n'est jamais anodin. Au même titre que l'éclairage, le soclage est un outil d'exposition essentiel pour donner du sens aux objets présentés.
Pour socler les petits objets tels que la coiffe et les battoirs, le musée a fait appel à l'entreprise parisienne "François Lunardi". Parmi les cinq salariés qui la composent, il y a Mariane. C'est elle qui a travaillé sur l'exposition "Nantaises au travail". Son métier ? "Socleuse". C'est ainsi qu'elle se présente -ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, il n'y figure pas. "Il s'agit d'un petit monde dans lequel tout le monde se connait" me dit-elle. Mais au fait, comment devient-on "socleuse" ?
Si Mariane sait si bien jouer avec le métal c'est qu'elle s'est formée à ce matériau à l'école Boulle -école supérieure des arts appliqués. Ensuite ? Elle n'a pas suivi de formation "soclage". Et pour cause, ça n'existe pas. C'est donc un peu par hasard, au cours d'un stage, qu'elle est tombée dans cet univers.
Pour l'exposition, son intervention se limite à peu d'objets. Elle est toutefois essentielle car sans elle, comment présenter notre coiffe ? Ici, le rôle du socle -quasiment invisible- est de la mettre en exergue. Sa protection est en effet assurée par une cloche. Le socle s'est tant effacé que la coiffe semble flotter dans la vitrine.
Socler : l'art de se rendre invisible ? Oui, pour mieux mettre en valeur l'objet. Le socleur, au même titre que l'éclairagiste qui cherchera à orienter ses spots vers l'objet plutôt que vers l'outil d'exposition, est pleinement au service de l'objet.



vendredi 20 janvier 2012

De l'impression à la pose

Nous en étions donc au moment fatidique : celui de la validation des plans en relief de Nathalie, la graphiste de l'exposition. Sitôt validés par l'équipe du musée, ces dessins prennent la poudre d'escampette direction...la Chapelle-sur-Erdre. C'est là, à Modulimage, qu'ils sont imprimés format papier peint sur du dos bleu -papier résistant souvent utilisé pour l'extérieur. Mercredi dernier, j'ai eu la chance de visiter l'atelier...Petit résumé...
Du dessin de la graphiste à son impression numérique format papier peint, une dernière opération s'impose : le découpage virtuel de la cimaise en rectangles de mêmes dimensions. Ainsi, en est-il pour la photographie de classe utilisée par Nathalie, comme décor d'une partie de la cimaise courbe. Anne-Marie, l'opératrice PAO de Modulimage, l'a saucissonnée en six parties. La tâche est un peu délicate... gare aux raccords !
Et hop ! Une partie du décor de l'exposition s'imprime sous mes yeux...Les six papiers peints correspondant à la photographie de classe vont s'imprimer en continu. Ensuite, il faudra, les découper, les rouler..Puis, zou, direction...
...le musée de Nantes où notre chère photo, désormais transformée en six rouleaux de papiers peints, va pouvoir mener une toute nouvelle vie.
Car pendant que Laurence et Anne-Marie impriment, Pascale et Marie collent.
Le lendemain de la visite de l'atelier, ce n'est donc pas sans émotion que je retrouve les six rouleaux....J'arrive juste à temps ! Marie applique de la colle sur la partie de la cimaise où ils doivent prendre place... C'est pour bientôt !

mardi 13 décembre 2011

J moins cinquante-trois jours...

A deux mois de l'ouverture de l'exposition - 11 février 2012 -, je passe prendre la température dans les services du musée travaillant pour la préparation de l'expo. Côté publication, l'ambiance est plutôt sereine. Le Bon A tirer validé, le catalogue sera bientôt sous presse. Avant celà, il a fallu corriger l'ensemble des textes. C'est à Evelyne, la responsable du service des éditions, à qui incombe cette lourde tâche. Mais parce qu'un catalogue d'expo rime aussi avec images, Aurélien me montre le travail effectué avec Dominique, le photograveur de l'Atelier graphique Tag. Il ne s'agit pas de retoucher les photographies par pur souci esthétique; le mot d'ordre est la lisibilité. C'est le sujet qui prime. Un exemple : le cliché des bateaux-lavoirs. L'objectif étant de montrer le travail des lavandières, le photograveur devair éclaircir la zone montrant cette activité. A droite, le cliché avant les retouches -bombardé de post-it par Aurélien-, à gauche, les corrections réalisées par Dominique. La différence entre les deux clichés est flagrante.
A présent, un petit tour du côté de chez mes collègues en lien avec les scénographes et graphiste. Sans surprise, l'ambiance est beaucoup moins zen...
Lecture-Corrections-Validations-ReCorrections-Revalidation-ReRelecture...Ce sont l'ensemble des textes de l'exposition qu'Evelyne et Réjane doivent relire et corriger. Mais pas seulement. Il y a aussi les images. Beaucoup d'originaux -comme les cartes postales- sont en effet reproduites, notamment sur les kakémonos. Et les objets...Ont-ils bien été tous placés ? Les dimensions ont-elles bien été prises en compte ?
Parallèlement aux textes, le plan est passé au peigne fin...Il faut terminer avant la fin de l'année...Certains collègues stressent. En tant que "spectatrice", je souris...C'est toujours le même scénario...Le même stress mais au final, tout se passe bien. Allez, courage !

vendredi 1 juillet 2011

Une affaire de sensibilisation

"Elégante". D'emblée, c'est le terme qui me vient à l'esprit pour qualifier la maquette du catalogue de l'exposition "Nantaises au travail". Aurélien m'explique comment il l'a conçue.

-Sur la couverture, les deux images sont très esthétiques. Elles attirent le regard. Comment les as-tu choisies ?
-Très vite, la photographie de Floresca Guépin par Disdéri s'est imposée. Je la trouve très forte. J'en suis tombé amoureux !
-Cette force l'est d'autant plus, qu'il s'agit d'un personnage important de l'histoire nantaise, non ?
-Oui. Floresca Guépin était une pionnière de la reconnaissance des droits à l'instruction des femmes. Elle est à l'origine de la fondation du lycée Vial, à Nantes.
-Et le second cliché, de qui s'agi-il ?
-D'une sertisseuse de boîtes LU. Ces deux images illustrent deux notions de l'exposition : le travail des femmes en usine et leur émancipation grâce à l'enseignement.
-Je me souviens t'avoir entendu dire que tu adores le papier. Sur cette maquette, leur sélection n'est pas perceptible. Tu veux bien nous en dire deux mots ?
-Avec plaisir ! Deux papiers seront utilisés. L'"Oikos" et le "Savile row plain". Les pages intérieures de l'ouvrage seront imprimées sur le premier. Il s'agit d'un papier recyclé à seulement 50%; c'est ce qui explique sa blancheur, tout en conservant des traces de bois. C'est ce qui me plait. Je ne voulais pas de papier couché. Pour un thème sur le travail, un papier au toucher particulier était pour moi essentiel.

Aurélien me tend deux échantillons de papier. Je touche. J'avoue : ça ne m'évoque pas grand chose... Peut-être que d'assister à l'impression de l'ouvrage me sensibiliserait à cette question ? Aurélien me voit venir...Il est d'accord ! Merci !